ÎLES DES TUAMOTU

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LES TUAMOTU, LAGONS ET COCOTIERS

Les Îles Tuamotu sont composées de 76 atolls coralliens ne dépassant que de quelques mètres le niveau de la mer. Ceux-ci sont dispersés sur une zone maritime de 1 million de km2 pour une superficie terrestre de 775 km2. Leurs populations (15 460 habitants) ne représentent que 6,5% de la population polynésienne totale. 

Dans la mythologie polynésienne, une version rapporterait que le dieu Tukerai, en secouant la mer, aurait égrené le chapelet de 78 atolls de cet archipel étendu sur 800 000 km2 d’océan, pour seulement 880 km2 de terres émergées. Le passé historique des Tuamotu est plus flou. Les atolls auraient été colonisés depuis les Marquises et Tahiti vers l’an 1 000, mais l’origine précise des habitants ainsi que la période de peuplement ne sont pas clairement établies ; de nombreuses hypothèses circulent encore.

Magellan traverse en 1521 le labyrinthe de ces îles à fleur d’eau et croise Pukapuka, premier atoll du Pacifi que que les Européens découvrent ! Relevées sur les cartes par le portugais Quiros en 1605, les îles Tuamotu avaient été baptisées « l’archipel dangereux » par Bougainville en raison des naufrages, nombreux, sur les récifs. Entre 1770 et 1810, pas loin d’une trentaine de navires échoua en  eff et sur les barrières de corail ! Il aura fallu près de trois siècles aux navigateurs pour répertorier les 78 atolls qui composent l’archipel, aucun d’entre eux ne s’étant éternisé au milieu de ces îles dépourvues d’intérêt économique. L’archipel a longtemps porté le nom de Pa’umotu (« îles basses ») et depuis le milieu du siècle dernier, c’est le nom tahitien de Tuamotu qui s’est imposé.

Avec d’importantes cocoteraies, constituées à partir du XIXe siècle, l’économie de cet archipel repose en grande partie sur la coprahculture (le coprah est expédié à Tahiti pour la fabrication de l’huile de coco). La culture de la perle noire a modifié en profondeur le mode de vie des Paumotu. Les Îles Tuamotu sont aussi une destination incontournable pour tous les amoureux de la mer. De nombreuses activités nautiques y sont proposées, notamment la plongée sous-marine à Rangiroa et Fakarava.

Il aura fallu près de trois siècles aux navigateurs pour répertorier les 78 atolls qui composent l’archipel des Tuamotu.

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Rangiroa

En tahitien, Rangiroa est aussi appelé Ra’iroa, signifi ant « ciel immense ». Et pour cause : 280 km de circonférence entourant un lagon de 77 km de long et de 26 km de large. Le plus grand des atolls de Polynésie est aussi le second plus grand au monde par la taille de son lagon. Rangiroa est composé de près de 250 ilôts entrecoupés de hōā, des chenaux peu profonds reliant océan et lagon, ainsi que deux passes : Tīputa et Avatoru. Si Rangiroa fut aperçu en 1616 par les navigateurs hollandais Le Maire et Schoutter, des traces du peuplement et de la civilisation pré-européenne qui parvinrent à s’épanouir sur cet atoll sont encore présentes sous formes de vestiges tels les marae. Bien plus tard, les premiers Européens à s’installer durablement furent les missionnaires catholiques, vers 1860. Le tourisme, la récolte du coprah et la pêche sont aujourd’hui les principales activités de Rangiroa, particulièrement réputé pour la richesse de sa faune sous-marine, avec des sites de plongées mondialement connus.

Fakarava

Fakarava, à 488 km au nord-est de Tahiti, est un atoll immense (le second des Tuamotu) : 60 km de long et 25 km de large. Deux passes donnent accès à l’océan, dont celle de Ngārue, la plus grande de Polynésie où la plupart des 800 habitants est regroupée. La vie de tous les jours s’organise autour du lagon, aux fonds marins somptueux. Depuis 2006, Fakarava fait partie d’une « réserve de biosphère » de l’UNESCO, avec six atolls voisins (Taiaro, Tōau, Aratika, Kauehi, Nīau et Rāraka), en raison de la richesse de son éco-système, avec une faune et une fl ore aussi abondantes que rares (martin-pêcheur chasseur, palmier des Tuamotu, squilles ou cigales de mer, etc). Une appellation qui s’inscrit dans un projet international de développement durable, alliant recherche d’harmonie entre activités humaines et préservation de la nature. Les ressources principales de l’île sont la perliculture, la pêche, le coprah et le tourisme.

Makatea

A 210 km au nord-est de Tahiti, cette île dégage une atmosphère particulière de bout du monde. On ne vient pas à Makatea par avion, car elle ne dispose pas d’aérodrôme. Elle se révèle par la mer, comme une forteresse dressée sur l’océan. Découvrir Makatea à bord du navire Aranui 5 est une révélation. Le confort et l’élégance du bateau, son rythme de navigation invitent à laisser au temps une certaine paresse avant de dévoîler les trésors de la Polynésie. Makatea en fait partie. Cet atoll soulevé n’abrite que 94 habitants. Ils ont décidé de ne pas quitter leur île, qu’ils aiment, et son histoire particulière. A la fin du XIXe siècle, d’importantes quantités de phosphates y furent découvertes. Makatea allait connaître un destin industriel unique en Polynésie. L’île, jusqu’alors oubliée du monde moderne, fût équipée d’écoles, d’un cinéma, de centres religieux, d’installations industrielles diverses, dont une jetée métallique de 100 m et même un chemin de fer qui sont, aujourd’hui encore, les témoignages sîlencieux de l’histoire singulière de l’île.

Anaa

A 437 km de Tahiti, le somptueux anneau de corail ovale qui délimite son lagon de jade translucide, de peu de profondeur, fait de ‘Anaa l’un des atolls les plus parfaits du Pacifique. Onze petits motu entre ciel et mer, dépourvus de passe et marqués par la présence de feo, blocs coralliens qui émergent à 3 m de hauteur, sont le refuge d’à peine un millier d’âmes, principalement installées à Tukuhora, où les visiteurs pourront profiter pour quelques jours d’une vie tranquille, joyeuse et hors du temps. L’Aranui s’y arrêtera lors de ses deux croisières allant à Pitcairn.