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La Polynésie, Au commencement

Quand rien n’existait, Ta’aroa, le dieu créateur, était seul et na¬geait dans le vide. De ce vide il créa toutes choses et d’abord, dans le creux de sa main, la pluie, l’orage et l’océan. C’est après que les grandes fondations terrestres prirent forme, puis les dieux, enfin les hommes. L’océan est tout pour les Polynésiens. L’océan rassure et nourrit. Il fait trembler aussi, quand ses eaux sombres et déchainées déchirent la terre, s’emparent des côtes par-dessus le récif protecteur, ou engloutit dans sa colère les basses terres des atolls. Si l’océan emporte, il amène aussi, des graines, des plantes, des vaisseaux, de nouveaux hommes. Il emmène à la découverte d’autres îles. Avec le tatouage, on le représente sur la peau des hommes qui le parcourent sur leurs larges vaisseaux à double coque. Pour les Polynésiens, l’océan est un langage. Il est un lien.

Dans la civilisation des Polynésiens du Pacifique sud, Moana, l’océan, est tout. Il est le début, l’origine et la fin.

Le triangle polynésien

Après la conquête par les anciens Polynésiens des terres qui peuplent cet océan d’îles, Fenua Enata (Marquises) au nord-est jusqu’à Hawaii au nord, Mangareva (Gambier), Hiti-Au-Re¬vareva (Pitcairn) et Rapa Nui (Île de Pâques) à l’est, Aotearoa (Nouvelle-Zélande) au sud-ouest, la civilisation polynésienne se développa pendant quelques siècles au coeur de ce qui fut appelé le Triangle polynésien. C’est par Moana aussi que les Européens arrivèrent dans le Pacifique dès 1521 (Magellan à Pukapuka) avant l’exploration de Tahiti par Wallis (1767), Bougainville (1768) puis Cook (1769).

Les anciens Polynésiens avaient organisé un vaste commerce d’échanges de produits, de savoir-faire et de techniques entre les archipels. Dès le début du 19e siècle, les navires com¬merçants européens parcoururent aussi le grand océan à la recherche de denrées précieuses : biche de mer (rori), nacres et perles, bois de santal, huile de coprah et de baleines… Les goélettes remplacèrent peu à peu les pirogues et les navires militaires. La vie des îles s’organisa ainsi avec l’arrivée des bateaux dans les baies des îles hautes et les passes des atolls. C’est toujours aujourd’hui un événement dans les îles les plus éloignées.

Désormais le Pacifique sud abrite les plus vastes réserves naturelles océaniques, des réserves de biosphère, comme c’est le cas à Fakarava et des aires marines protégées, dont les 6 aires éducatives marquisiennes, Pukatai, imaginées par les enfants des Marquises.

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Les traités

Les royaumes ou principautés qui gouvernaient l’ensemble des terres émergées du Triangle polynésien n’étaient pas unifiés. Quand les Européens, Anglais, Français et Allemands notamment, rejoints par les Américains, imposèrent leur domination sur l’ensemble des Etats océaniens, dans leur conquête du monde aux 18e et 19e siècles, cela fut réalisé sans préoccupation des liens qui unifiaient tels et tels familles, lignages, archipels. C’est donc au gré des accords ou des traités, au 19e siècle, que certains archipels de Polynésie orientale, sans Rapa Nui ni Pitcairn à l’est (cousins des Mangaréviens), sans les Rarotonga (Cook), cousins des Raromatai (îles Sous-le-Vent de l’archipel de la Société), devinrent français, en tout 118 îles hautes et atolls.

Les 5 archipels

Aujourd’hui, la Polynésie française compte cinq archipels, au coeur du grand océan, sur près de cinq millions de kilomètres carrés. Une zone vaste comme l’Europe, royaume des grands cétacés, des profondeurs océanes encore inviolées. Vous l’aurez compris, les terres émergées sont rares. Si toutes les îles hautes sont habitées, ce n’est le cas d’à peine la moitié des atolls des Tuamotu, fins rubans de terre fragiles posés sur l’océan, comme sortis des brumes d’un songe. Les survoler procure un plaisir informatif évident. Les atteindre par la mer relève d’une émotion pure. C’est sans doute la leçon la plus douce que l’on peut retenir du voyage dans ce bout du monde : la terre ici n’est rien sans la mer. La terre doit rester une quête, une espérance. Quand, sur le pont du navire, vous n’aurez rien vu encore, sinon des vagues et l’immensité dense, profonde et grise de l’horizon infini, regardez s’affairer les Polynésiens : ils auront déjà senti des effluves venues de la terre, si mince fut-elle. Ils auront déjà vu les palmes des cocotiers rompre l’océan, briser la vague de leurs piques somnolentes. Ils savent que l’île est là. Ce sera pour vous la promesse d’une étreinte irréelle avec le monde. La promesse d’une île.

Îles Marquises

A 1 500 km au Nord-Est de Tahiti, bienvenue aux Marquises, la « Terre des Hommes ». Une terre mythique et mystique, qui a attiré les explorateurs et inspiré les écrivains, les peintres et les artistes. La nature y est brute et son charme puissant. Des paysages accidentés et époustouflants de montagnes, de vallées, de plateaux et de falaises. C’est une nation d’anciens guerriers fiers et redoutables, distincts des Tahitiens, avec leur propre langue et leur propre culture. Les îles Marquises sont un monde à part entière.

L’archipel se compose de 12 îles, dont seulement 6 sont habitées : Nuku Hiva, Ua Pou, Ua Huka, Hiva Oa, Fatu Hiva et Tahuata. Ses 9 350 habitants, installés sur une superficie de 1 000 km² , représentent 3,6% de la population de la Polynésie française. D’importants vestiges archéologiques y subsistent dont des tiki de pierres impressionnantes.

La culture ancestrale marquisienne – dont le tatouage est la marque d’une profonde affirmation identitaire – s’y exprime toujours au travers de chants et danses originaux (haka) ainsi que par la pratique de la sculpture sur bois et sur pierre. 

Îles de la Société

Cet archipel doit son nom au capitaine Cook, en hommage à la Royal Society de Londres qui avait financé son premier voyage (1769). L’archipel de la Société est le plus connu de Polynésie Française et comprend 14 îles. Elles sont réparties en îles du Vent – Tahiti, Moorea, Maiao, Mehetia et l’atoll de Tetiaroa – et en îles Sous-le-Vent – Bora Bora, Huahine, Raiatea, Tahaa, Maupiti, et les atolls de Manuae, Maupihaa, Motu One et Tupai. Le poids démographique et économique est important avec 87% de la population (243 290 habitants en 2017) et plus de 90% du PIB. 

Îles Australes

Situées à 600 km au Sud de l’île principale de Tahiti, les îles Australes furent découvertes au 18ème siècle par les Européens. Il s’agit de l’archipel le plus secret de la Polynésie française. L’archipel des Australes est composé de sept îles, dont cinq sont habitées – Rimatara, Rurutu, Tubuai, Raivavae et Rapa

Îles Tuamotu

Les Îles Tuamotu sont composées de 76 atolls coralliens ne dépassant que de quelques mètres le niveau de la mer. Les plus connus sont Rangiroa, Fakarava, Tikehau, Makatea… Les 76 atolls sont dispersés sur 1 million de km² de surface maritime pour une superficie terrestre de 775 km² seulement. Avec 15 460 habitant, l’archipel des Tuamotu ne représente que 6,5% de la population polynésienne. L’économie de cet archipel repose sur la culture du coprah et de la perle noire. Les Îles Tuamotu, véritable aquarium géant, sont aussi une destination incontournable pour tous les amoureux de fonds marins. 

Îles Gambier

A 1 650 km au sud-est de Tahiti, dans le prolongement des Tuamotu, les Gambier et ses 1 400 habitants sont particulièrement isolées. Les Gambier sont composées de 8 îles hautes (les 4 principales étant Aukena, Taravai, Akamaru et Mangareva avec une superficie totale de 23 km²), de quelques îlots et d’un atoll, Temoe. Son grand lagon, qui englobe les 8 îles, en avait fait le plus grand producteur de nacre au XIXe siècle. C’est aujourd’hui l’un des principaux centres de perliculture. Entre les années 1830 et 1870, les missionnaires catholiques Caret et Laval ont été à l’origine d’un impressionnant ensemble architectural dont la cathédrale Saint-Michel de Rikitea.